Bonne année 2012 à tous,

malheureusement je ne peux pas mettre de photos en ligne, si vous en voulez je peux les envoyer par mail. Mon adresse: ecoz@amsterdam.ipev.fr

 

Le trajet vers Entrecasteaux s’est déroulé sous le soleil, départ 7h20 de la base pour un rendez-vous à 12h00 à la « salle à manger ». Salle à manger ???? Ben oui, c’est le seul endroit abrité du vent avant la descente des falaises. Un bon moment donc pour souffler après une montée épuisante, ou pour prendre des forces avant une descente chaotique.

Avant cela, passage à la Caldeira (cratère de l’ancien volcan), puis dans les tourbières et les mousses (enfin sur les caillebotis installés pour ne pas trop endommager la végétation, et ne pas trop s’enfoncer aussi). Vu que nous avions largement le temps, nous avons pas mal profité du soleil pour faire des petites pauses dans des endroits assez sympas. Pas un pet de vent, plutôt confortable tout ça.

Descente des falaises pour relever une manip de 4 jours, alternance de mains courantes (genre on se tient bien par les bras et toboggan géant)  et de via ferrata (y a pas à dire, c’est un peu lent et fastidieux la Via, à toujours se réassurer tous les 10m…). Arrivé en bas, il reste encore une bonne partie de rando, notre guide ayant égaré le chemin (il est tout nouveau), on se retrouve dans des scirpes de plus d’1m50, impossible de savoir où on met les pieds. Pas grave, les chutes sont super amorties (impossible de passer à travers un matelas de scirpes). En s’approchant de la cabane (Le refuge des becs jaunes), on doit traverser une zone avec accès direct à la mer, donc plein d’otaries et de gorfous. Pas facile les otaries cachées dans les touffes d’herbes. Au final, environ 10h de transit. Et enfin, le refuge. Une cabane confortable, 2 lits superposés (donc 4 couchages en tout), une table avec des bancs, un coin cuisine avec évier et gazinière, une petite terrasse, et une seconde cabane pour les stocks « souris-proof et rat-proof ». Le doux nom de cette seconde cabane étant « Tonku »… Quant aux produits conditionnés en plastique (donc attaquables par les rongeurs), ils sont stockés à l’extérieur dans des touques étanches épaisses.

 

Une première nuit un peu difficile, pas très bien dormi… Réveil à 6h pour passer dans une colonie de gorfous, essayer de trouver une balise GPS que l’ornitho pense avoir placé sur un mauvais individu. En effet, c’est la période de mue des gorfous, ils font donc beaucoup de gras (des pêches très longues en mer) avant de rester à terre plusieurs semaines/mois pour muer, sans se nourrir. Le but étant de connaitre les trajets pour se nourrir, il faut surtout éviter d’équiper les individus commençant leur mue. C’est également la raison pour laquelle les gorfous étaient très stressés, nous avons essayé de les déranger le moins possible pour ne pas qu’ils perdent de force pendant le jeûne.  Pas trouvé de balises GPS, peut-être qu’il restait au gorfou équipé une dernière pêche avant la mue…

A 10h, montée dans une colonie d’albatros fuligineux (des albatros gris), qui vivent assez isolés dans les colonies les plus en hauteur. Ascension des parois végétales de la falaise, jusqu’au 2/3 environ (400-500m d’altitude), avec des passages vraiment limites, mais ça passait. Le but étant de faire des analyses bactériologiques, capture d’individus adultes (par l’ornitho), qui me les calait dans les bras par la suite pour effectuer des prises de sang au niveau de la patte et des prélèvements de salive et de déjection. Heureusement les adultes c’est moins craintif donc ça ne te chie pas dessus. Onze oiseaux analysés (objectif de la journée : 10), un point de vue unique sur toute la falaise, les nids d’albatros à becs jaunes à quelques centimètres parfois (ils sont moins craintifs que les fuligineux), des bébètes de près de 2m50 d’envergure en vol dans les bras, de l’escalade un peu engagée, c’était vraiment le top absolu (et un ornitho sympa, qui explique pleins de trucs et est marrant).

Le lendemain (31) rebelote mais toute la journée sur les fuligineux, dans une colonie un peu moins haute mais qui niche vraiment sur des mini-surplombs en pleine paroi. 19 prélèvements à effectuer, une bonne journée (9h-19h) harassante mais une nouvelle fois magique. Quelques photos cette fois-ci, des prises de sang en pleine paroi assis sur quelques centimètres carrés de replat, une bonne complicité avec l’ornitho, et le réveillon qui se profile.

Repas : foie gras, pain d’épices et Cadillac. Quelques gâteaux au caramel (de la Manche…) et le tour était joué ! Gainsbourg en fond sonore, et pas mal de conneries à raconter. On a pu souhaiter la bonne année à la base par VHF et aux marins de l’Austral, ça avait l’air assez agité leur réveillon !

Le dernier jour, hélas il faut rentrer. Le temps était correct le matin, mais une dégradation était attendue. La remontée de la falaise par les mains courantes était vraiment épuisante, il y a très peu d’endroits pour poser les pieds alors c’est vraiment physique. Arrivé en haut, bien mérité notre petite pause repas. La brume avance, et dès le redémarrage on se retrouve dans le vent et la pluie (plus le froid, on est alors à plus de 700m d’altitude). La traversée sur les caillebotis était déjà sportive (difficile de rester sur le chemin, quelques beaux écarts pour certains), mais en arrivant à la Caldeira là ça cartonnait sévère. Des rafales à te mettre par terre, en marchant le long d’une crête, une visibilité à 10m avec de la pluie à l’horizontale qui cingle le visage. Tout entièrement trempé (même les chaussures étanches ont leur limite face à des heures de pluie intenses, d’où le choix des bottes pour les habitués, même si ce n’est pas top pour la marche au début), pas super chaud.

L'hivernage commence!!!

 

Erwan

Rappel: pour des photos, demander à ecoz@amsterdam.ipev.fr