Après quelques temps un peu plus sur base, c’est reparti pour les manips. On renfile les bottes, ou au moins la paire de randos et les guêtres, la Gore-tex, le bonnet et les gants, parce que mine de rien ça caille un peu, et en route Simone.

Ca a commencé tranquillement par une manip à Entrecasteaux pour ramasser et répertorier les déchets sur cette partie de l’île, surprenante par son calme inhabituel. Tous les oiseaux et gorfous sont partis pour l’hiver, voir la Cathédrale sans son nuage de becs jaunes, c’est bizarre. Donc début Juillet, trouvé quand même un pare-choc de voiture sur une plage, si quelqu’un veut retaper sa vieille Nevada, merci de me contacter. A part ça, quelques débris de bouées et de cordages, et des semelles de chaussures. Une quantité relativement faible au final. Une manip assez tranquille, des horaires flexibles, un peu de froid quand même pour rappeler qu’on est en hiver, quasiment pas de pluie alors qu’un déluge était annoncé.

 

Ensuite, le chantier de l’hiver se situait à Antonelli. La plantation de 420 phylicas, l’arbre emblématique de l’île. Pour cela, un premier débroussaillage de zones favorables pour permettre à la lumière d’atteindre les futurs locataires et de ne pas les étouffer. Ensuite, des placettes d’environ 1,5m de diamètre totalement débroussaillées (terre apparente). Au centre, le trou prêt à recevoir son arbuste. Environ 30cm de profondeur, souvent creusés à la barre à mine en raison de la grande quantité de roche (heureusement friable). Après avoir mesuré et mis des petites bagues aux phylicas pour pouvoir suivre leur survie et leur croissance au cours du temps, ils sont transportés vers le site de plantation par tracteur. Reste à les amener sur les sites à proprement parlé, et là parfois c’est plus compliqué (faire des aller-retours sur 500m avec 25kg dans les bras sur un sol totalement inégal et mou, ça m’a laissé quelques belles traces de frottement sur les cuisses et des courbatures un peu partout).

Ne reste qu’à planter, comme n’importe quelle plante, en essayant de bien mélanger la terre plus organique de surface et celle plus minérale de profondeur. S’assurer de la rectitude du petit phylica, bien égaliser et tasser en surface, puis espérer. Dans quelques années, peut-être qu’une véritable forêt recouvrira l’ancien « Versant des Taureaux » sous le cratère Antonelli.

Après un petit tour près de la Caldeira ce week-end pour se rappeler de la beauté du Museau de Tanche, de la vue si particulière des barres rocheuses des cratères emboîtés, je repars mardi pour 9 jours à Entrecasteaux, à surveiller le retour des femelles gorfou. Les mâles sont rentrés depuis 3 semaines environ pour préparer le nid de leur bien-aimée.

Des heures d’attente dans le froid sur la plage, un défilé de milliers de gorfous, des fous rires en prévision avec le déplacement et le comportement de ces braves petites bêtes, mignonnes mais un peu c…..

D’ici là profitez du soleil dans l’hémisphère nord,

Erwan